
Si un mélange abominable
et le désordre universel
n’emportaient pas notre Race
avec les races d’ailleurs ;
si la barbarie qui, à la porte
heurte, voilà plus de sept cents ans,
passait enfin au large
et respectait nos enfants,
À la fête de notre foi,
nous te conduirions, fer à taureaux,
toi que maniaient nos ancêtres
de la Provence au pays cévenol ;
toi qui, en Arles, aux jours de fêtes
fais retourner toutes les têtes
et palpiter les rubans
signal de la bagarre
et des battements de mains.
Trident, arme de Provence,
arme des chefs et des vachers,
je te hausse au nom des croyances,
sur ta hampe de châtaignier.
Plus fier dans ma selle « gardiane »
qu’un jouteur sur le palier de la barque,
que souffle sur les salicornes
libyen, vent du large ou des monts,
je t’abreuverai du sang des taureaux.
Joseph D'Arbaud
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